30 octobre 2007

Effexor 21

C’est pas poétique, dormir

(même si les musiciens baroques tombaient facilement dans les bras de Morphée).

 

Le sommeil des autres fait rêver mais le mien quelle poisse

La somnolence qui m’assassine

à chaque numéro du mois

y compris celui

de l’assassin

 

21 ça lui va bien, à

Effexor®

 

Oui. Effexor® habite au 21 et me foudroie mollement à chaque fois que je m’allonge

à toute heure du jour et de la nuit

 

Depuis que ma lèvre

est prise à son hameçon

rose pâle, la cédille,

pour me tenir les ouïes hors de l’eau

 

je dors

le jour et la nuit

je dors

sans trêve et sans répit.

 

Peu à peu

j’affine mes jutsu pour aligner le petit ninja

le baby Pack Man

sous sa camisole chimique…

Pour tromper la ronde sifflante des shuriken

je danse je saute j’esquive mais quand je rate

ma parade je m’étale

dans le grand technicholor du cauchemar, j’apocalypse now

etcaetera etcaetera…

 

Docteur Mabuse, c’est pas gentil, t’abuses, t’abuses…

 

30 septembre 2007

vue aérienne - 15

 

Alors là, c’est une autre paire de manches

parce que les voix

ouvertes

dans ma tête

hier

étaient béantes

jusqu’au fond de la chair

 

Au milieu de leur chair

les croisées ouvertes vers des ciels renouvelés.

voix tautologiques

parlant de la parole

voix complètement mêlées à la viande du souffle

qu’on aurait garde de confondre avec ce gaz pompé par l’accordéon pulmonaire :

le souffle

saturé de sang

le souffle mortel pouvant saigner par maintes blessures

fontaine baroque

le souffle qui peut rendre l’âme

 

et la garder.

 

Celui qu’on retient quand quelque chose de terrible foudroie l’instant

ou qu’une étoilevite essuyée

coule sur la joue de la nuit

un souffle qui nourrit le cœur du bois fendu

sous la tension du feu

un bois empli du bond

vers l’ailleurs

ce souffle qui bave entre les dents serrées de qui refuse

de partir

 

Comme il rend

toute matière

et tout corps

vivant et lumineux et bondissant !

 

Comme il écarte

d’un revers de main

les attributs dérisoires et les breloques,

fétus des vêtements accrochant dans leur plis

les naphtalines des brigades et des familles,

l’étouffoir

de ce qui est

impunément joyeux…

 

Comme il ouvre ces rideaux

et plante nu

l’humain triomphant de ce qui empêche.

 

Mais maintenant, toi,

quelle croisée

et quelles croisades

quel cri de bataille comme oriflamme de ta bouche ?

Quelles armes

vas-tu brandir,

lames insoucieuses de toute frappe, de tout combat,

occupées seulement de disparaître

 

derrière le souffle de leur fil.

 

Amarres, attaches, tranchées, larguées

de ta bouche et de ton geste.

vue aérienne - 15

 

dimanche 30 septembre 2007

 

 

 

 

27 septembre 2007

vue aérienne - 13 : II, la matière noire

814ee139713a0f54585b799cdbbc6702.jpg

La vérité la matière noire

de l’univers

Il paraît que la plus grande partie de la masse

celle qui porte la majeure partie de la gravité

est cachée

 

sombre

 

invisible.

 

Il y a dans l’univers ce qui émet des rayonnements lumineux,

ce que nous pouvons observer,

et ce que l’on sait être là, inobservable.

 

La vérité sombre.

La vérité cachée.

La vérité invisible.

 

Pourtant son emprise

sa gravité est majeure, la plus massive,

sur la matière telle qu’elle est ressentie depuis l’œil bleu humide barbouillé de nuages de notre planète, la Terre.

 

Il faut remarquer l’homonymie entre notre planète et le sol où l’on enterre, chez nous autres héritiers des chrétiens de l’ouest européen qui ont accouché de télescopes, de laboratoires, de postes de chercheurs en astrophysique et de bourses de doctorat,

entre l’humus, débris des ossatures des arbres morts, et le taire, l’enterré de la bouche.

Les gens qui se cachent on dit aussi qu’ils se terrent. Par exemple les ennemis publics numéro 1 traqués, et aussi tous les inconnus sans aucun numéro, terrorisés, se terrent.

 

Il apparaît donc un lien de langage entre la peur, la cachette, le silence et la mort. Et j’affirme qu’on peut supposer,

suppôt de Satan ou d’hypothèse,

que la vérité, cachée, le corps enterré de la vérité,

la pièce à conviction,

 

dégage cet étrange parfum similaire de la matière noire, noire de silence, d’esquive.

 

Elle pend à notre flanc comme la côte de la mort. Ceci dit en miroir de la côte d’Adam, soi-disant gravide de vie.

 

Mais je ne dis pas ça pour le plaisir de choquer d’encrer le peuple comme une poulpe perverse, moi je crois la vérité  vivante, et même le vivant du noyau,

mais son ignorance, pis, son insouciance pulse funèbre, comme un fœtus qu’on oublierait d’accoucher, mettre au monde.

 

Naître au visible. Quitter le lacustre pour l’aérien.

Où les rayons circulent selon une autre lyre, une orbe rectifiée.

 

Le nourrisson qui semble aveugle naît aux yeux, seulement aux yeux, les yeux sont son véritable baptême,

sans yeux pas de nom, innomé, innommable, recalé des limbes.

 

Peut-être cette vérité en souffrance

ou en gésine

est cette part non vue d’aucun œil ?

 

Il n’y a même pas de mot pour dire non-vu

il y a inouï,

mais le langage n’a pas procréé pour de l’inimaginable.

 

A quel point ces vues aériennes (oui, aériennes – et j’ai plusieurs fois écrit le lapsus vie pour vue)

sont sillonnées des mots de la gestation… Ca ferait plaisir à un psychanalyste doctrinaire (ce qui m’ennuie)

mais enfin ça me fait plaisir aussi, ça veut dire que quelque chose se passe,

passe

le col et c’est ce qui conte, ce qui compte, ce qui conte.

 

 

 

vue aérienne 13, second temps – 27 septembre 2007

11a4379679d8a14553b5ddc766b5b758.jpg

vue aérienne - 13

La fatigue est très grande je n’y comprend rien il est midi

un peu de douleur dans la nuque

le ciel est assez triste aussi

ça sent la solitude.

Je me sens plus fatiguée que seule

il y a plus de vérité, plus d’opacité dans cette cause, « fatigue »

 

Opaque :

 

La vérité cachée est lourde,

pesante, nous sommes pesés à l’aune de cette pesanteur cachée, elle détermine exactement

dans quelle mesure nous contournons, passons

juste à côté

 

dans l’ignorance furtive

non pas d’une ombre :

de nous-mêmes,

 

C’est alors nous qui sommes l’ombre.

 

On dit ce mot pour parler des morts,

« le Royaume des Ombres »

Mais ce n’est ni mort ni vie

ni chair ni poisson

Ce n’est pas l’obscurité et ce n’est pas la lumière

 

Les Limbes.

 

On dit que

« Les Limbes »

sont l’endroit où le Seigneur Dieu

(ce beau salopard, si l’on me passe l’expression, la barbe lui allait très bien) envoyait les nouveaux-nés

qu’on n’avait pas eu le temps d’asperger

de son eau bénite par Monsieur le Curé.

Privés de petites ailes, de lyre et de fossettes, les bébés tournés bleus avant l’arrivée de la soutane. Bref.

 

Je regarde autour de moi, ce sont donc les Limbes. Je n’ai pas grand-chose à en dire, fadeur. Revient me peser l’image du lest, qui pèse. La vérité cachée, bourgeon de chair anormale, d’une autre texture que la chair libérée, la vérité-tumeur. Tu meurs tu vis. Qui décide ?

 

 

Peux-tu donner le coup de pied

au fond ?

Au fond des choses.

 

 

vue aérienne 13 - 27 septembre 2007

464f9d2c204ee658434aa3a00558d003.jpg

vue aérienne - 12

Cela fait quatre jours

d’après les numéros

 

Cela fait

la distance d’un océan,

la distance Atlantique.

 

 

L’étendue qui indique elle-même,

 

à l’aide de la fusion du vent, des vagues, des rayons,

fusion terrible et immense,

pleine et calme, au-delà de ses palpitations,

de la sérénité de l’immense

 

l’étendue qui dit quelque chose

de ce qui est à trouver, de ce qui attend au-delà

 

qui dit que l’île sera d’ampleur semblable,

sera de souffle, d’horizon, de lueur, de vol.

 

Quatre jours loin d’Amérique

et le savoir

de cette île

incroyable

car d’autre dimension

pourtant certaine

car seulement quatre jours

et bientôt encore aussi.

 

 

vue aérienne 12 - 26 septembre 2007

 

26 septembre 2007

vue aérienne - 10

Tant pis je reprends ce travail

inlassable

de rapprocher les mots

de ce qui est à dire

 

La couture noire

des mots

suture

de l’espace immaculé

 

Je reprends ce travail

de chirurgien

ce moment où ils sont tout entiers

dans le savoir précis de leurs mains

gants caoutchouc blanc tendu

au bout de la pince l’aiguille

et ces fils conçus pour se dissoudre dans la blessure

une fois ses lèvres

refermées.

 

La bouche s’ouvre les mots la referment.

 

Comment nommer ce qui vit là, dans la blessure ouverte de la journée ?

Ce qui rejoint le choc des incisives sur mon front et ma paupière

le jeune visage fatigué d’Anaïs et le foulard entourant son crâne pelé par la chimio

la beauté de la lumière voilée une lumière tombée du ciel comme une larme d’or

cette ascèse du souffle

 

que j’inventais

en repoussant les rideaux d’une pièce à l’autre du sommeil,

cette ascèse des douleurs de l’âme dans la maison imaginaire

en même temps mon corps voilé par les draps jaunes lumière

 

le souvenir

le souvenir de la voix

de Laurence disant son prénom

 

et celui

des spirales magiques entre les mains télépathes

aussi Isa au téléphone parlant du sourire d’Anaïs

« C’est vrai ? Non, c’est vrai ? »

 

ma main tournant les gaz de la moto au cœur rajeuni, filant,

l’évasion racontée par Isabelle

son cheval au parloir et le jour dit, le jour de se faire la belle,

montant comme un V2 dans le van Tchao les gars

 

comme s’il avait compris

chaque jourJe te le promets

je t’emmènerai

 

Je te promets

je te tirerai de là.

 

Et je l’ai fait.

 

 

vue aérienne 10 – se faire la malle

 

22 septembre 2007

 

 

 

23 septembre 2007

vue aérienne - 8

Au plus profond des buissons de la nuit

feuillettement nocturne

spirales d’ombre

 

Là où l’espace est si lointain

que les rayons de lumière se distendent

et laissent échapper les photons comme des gouttes

 

Pâle poussière

dans le lointain nocturne des ocelles du rêve

l’exquise lueur se glisse

parmi les ruines

les chimères éventrées

qui dardent les tessons de leur cohorte…

 

 

Entre deux pages de nuit,

deux ailes pressées de sphinx,

se glisse l’écorce impalpable

de ta peau frémissante de clarté

ta peau chatoyant de l’intérieur comme un lumignon

 

Peau d’aube comme une amande pelée

tes deux mains autour de la lueur centrale comme les éclisses d’un bourgeon qui s’entrouvre, comme des élytres autour de la promesse du vol

comme deux mains protégeant du souffle

l’amande blanche de la bougie

 

Toutes ces images pour entourer quoi, quel indicible, la fraîcheur native d’une âme inspirée.

 

Dont je retrouve l’écho, la bribe, l’écharde douce coulée au fond de l’océan de mes nuits, incongrue côtoyant les poissons sans yeux des abysses, le carnaval des masques grotesques.

Oui, là, demeure. veille.

 

vue aérienne 8 – 15 septembre 2007

 

 

22 septembre 2007

vue aérienne - 9 ; se taire

Je ne sais pas parce que de toute façon on ne peut pas en parler il n’y a pas de lieu pour ça et je ne crois pas que je peux tout dire dans les lieux où on se dit qu’on va essayer de tout dire d’épuiser la distance du silence la fente irréductible l’endroit de réalité où les dents se cassent où l’esprit ligoté se bâillonne.

Crever leur regard.

 

La bouche plus forte que les yeux.

La bouche qui saigne. ouverture de la parole inédite.

Cette parole même dite reste inouïe. ce que je cherche sans doute.

 

Ce dont il est question n’est pas la bonne tournure.

Ce dont il est vie. ce dont il est chair, cœur qui pulse, ce dont il est sang, ce dont il est envol soulèvement incroyable non invraisemblable non ce n’est pas ça c’est le souffle coupé – non pas irrespirable, surcroît :

souffle plus altier,

souffle de cime, souffle de ciel

 

le ciel ciel

le soleil

la terre

le corps

le mot toi

le corps toi

 

Ce dont il s’agit - mais bannir la tournure impersonnelle car là :

d’être à être,

de cette clarté dont peuvent être

les lames croisées

croiser le fer

croiser la chair

croiser les sourires

 

le mot amour n’est pas assez

on le dit trop

 

le mot qu’on tait au lieu de dire amour

comme on tait le nom de Dieu

ou murmuré

une fois l’An, épelé à peine,

au fond du Saint des Saints des murs du temple détruit de Jérusalem.

 

Le mot non dit

parce que le souffle coupé par l’afflux

du souffle le plus pur

 

et ceci dit

il n’y a rien à dire

il s’est passé

si peu de choses

de ce qui hante là,

derrière mes lèvres, derrière mes yeux,

si je le dis je n’en dis rien

et pourtant c’est la seule qui vaille la plus haute

 

Est-ce compréhensible avec ce mot ? Parce que le mot important est moche, essentiel cul-béni sur les bords, belle on dirait du disco et puis rien ne va, il faut être honnête,

mais il ne faut pas renoncer non plus,

 

La seule qui vaille…

vie aérienne 9 – se taire

 

22 septembre 2007

 

 

 

vue aérienne - 4 ; Un remords

 

Je me rappelle une chose encore sur les anges en relisant.  sur leur travail qui se passait dans les couloirs. des couloirs blancs.

 

Des anges sans ailes avec des impers sombres comme dans das Himmel über Berlin de Wenders. Le ciel au-dessus de Berlin.

 

A Berlin en 89 j’ai pris une photo du Mur que les berlinois démantelaient pour avoir un souvenir, un presse-papier peut-être. Le mur entier a été mangé par des fourmis humaines berlinoises. Ils venaient avec marteau et burin cling cling. Tout le long, sur 50 kilomètres, en août, il faisait très chaud et la poussière était si insupportable que je mettais les lunettes d’aviateur, achetées sur un marché à Bremen.

Moi aussi j’avais un imper noir où j’aimais suer et souffrir,

chercher ce qui fait mal quand on ne trouve pas ce qui est bon comme dit Laurence.

 

alors la photo : une fente.

Suivez mon regard.

 

Le travail des anges c’était se coller l’oreille au mur, capter les murmures du monde et les penser, les chérir pour que le monde ne s’écroule pas. un monde fragile.

C’est assez beau se coller l’oreille au mur écouter le monde comme un coquillage.

 

Et je m’aperçois que ce que je voulais sous-entendre est surentendu. ça hurle ça braille de partout que cet ange c’est moi - je n’aime pas

 

ce mot

mais pas de synonyme.

Allez Tais-toi et Ange ! :

 

L’enfant de dos qui regarde la vie plus loin

par le Trou du Mur

l’œil

intensément vivant derrière une vitre

L’enfant retranché derrière le mur du ventre

quand tout autour les soldats montaient au feu et que le monde s’écroulait, miraculeusement,

reprenait,

s’écroulait, resurgissait, s’écroulait encore.

 

dans cette marée de mort.

 

 

 vie aérienne 4 – Un remords.

 

17 septembre 2007

20 septembre 2007

vue aérienne - 7

Écrire sans envie. J’enfonce mon doigt dans une masse inconnue.

Qu’est-ce qu’il y a dedans ? Qu’est ce qui résiste.

 

J’avais envie j’étais en vie

Ça c’est ce que dit

Pierrot le fou.

 

Et moi j’avais envie je ne suis plus en vie

mon corps fou cloître mon âme.

 

Cette absence. Cet encens.

Opium du peuple c’est quoi déjà ? La religion

qui adoucit de ses mirages

l’Ame (Marx ou Freud un juif qui apportait la peste

en tous cas) du populo bien crado

devant la soupe de chez Ces Gens-Là

 

Il y a de l’odeur de cette soupe grasse

de cette migraine filtrée par un blanc d’aspirine

dans ce qui résiste

res

La Chose

le réel

la chosequi résiste

 

à la pensée

comme un calcul

dans le rein

 

res-

pire

 

le pire

c’est manquer de souffle

A Bout de Souffle

 

Calcul : un caillou.

On comptait avec des cailloux ;

et un scrupule, c’est ce petit caillou dans la sandale,

qui empêche de marcher en tout confort, en bon Ponce Pilate

 

Diminutifs :

Caligula La Petite Sandale

c’était le nom du tyran

Il voulait quoi celui-là

Nommer un cheval Sénateur

Et coucher avec sa Sœur

 

Ouais

je presse l’éponge et les mots coulent comme le caillé du fromage et s’amoncellent

 

petits monts, ça veut dire,

monceaux, diminutif comme La Petite Sandale :

des petites montagnes.

Il avait de petits pieds ou quoi ?

 

et de là l’insulte Pédale ? (l’étymologie part en Gang Bang…)

 

ViolMéchancetéTyrannie

 

la pelote des mots

 

la toile d’araignée   la toile d’Ariane laquelle

et moi stupide Thésée,taisait, ce qui se tait.

 

 

 

vue aérienne 7 – 9 septembre 2007

 

Toutes les notes