30 août 2007
Le grain de cette vie
Le grain de cette vie…
comme une peau…
comme ta main dans mon rêve…
son unique battement…
Une main faite d’âme
j’aurais reconnu le grain de sa voix
dans l’encre obscure
amarrée
à nulle nuit…
Écrit en aveugle…
écrit comme une bouteille dans la mer du rêve…
croisant d’île en île
collier d’écume à leur cou…
Écume à ma bouche
où se colle
muettel’empreinte de ton nom.
08:29 Publié dans constellations | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
09 août 2007
L'échine
Mon corps !
est une échine !
Hippocampe !
Harpie ailée !
Comme le bronze sifflant
du grand serpent qui tord ses anneaux dans le sable brûlé
bloc d’os cambrés,
griffes des côtes
ouvertes à craquer !
Vers l’espace,
ma chair embrasillée,
vers l’espace,
son tison tonnant !
2006
21:57 Publié dans constellations | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
07 août 2007
Là où rugit
Là où rugit
le lion bleu de la peur
crinière d’entrailles
Dans l’orbe hérissé de viscères
le mufle
il faut y poser la main.
Je descends
dans la cave
de mes tripes
L’escalier de mes côtes
résonne blanc
sous mes pas
et l’obscurité est froide
et la bête se confond avec l’autre soleil.
Dans mon torse
je passe les bras
et mes doigts empoignent
le nœud de serpents
Et le bleu des veines
coule entre les phalanges
et crisse.
Je descends dans mon torse
et la nuit résonne blanc
Mais rebondit
contre le tambour du cœur rouge
Accroupie dans mon ventre
j’attends le lever du soleil.22:55 Publié dans constellations | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
05 août 2007
Ruisseau du rêve
Le mot litanie
des parcelles de rêves
comme les strates d’une pierre éclatée,éparses…
D’un côté sempiternelles,
les attaques, les parades, le défilé des douleurs,
le souffle court…
Brisures des trahisons
voix écorchées lambeaux de bête
à la sortie des abattoirs.
Garde-à-vous de la mémoire.
Recensement des heures de peur et de déchirement.
Mais
entre ces pierres sèches
la jointure d’une eau rare
le visage les mots et la paume
douce
de l’étoile qui désaltère.
Cours d’eau qui promet
mesure inaltérable
faveur inépuisable
eaux du ciel offertes à la rivière.
20:48 Publié dans constellations | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
13 juillet 2007
Le boulet entier du globe
Le boulet entier du globe se soulève et frappe ma colonne.
je continue.
La montagne ébranle ses tréfonds, fissure ma chair.
je continue.
L’océan noie ma peau d’outremer.
La vague emporte les fétus de mes membres.
je continue.
Les mèches du vent fouettent la fraîcheur hors de ma bouche, hors de mes chairs.
je continue.
Le gel casse le pli de mes tissus.
je continue.
La pluie trempe mes os ; lentement, infiltre la moelle.
je continue.
Le fracas concasse mon esprit. Le silence étouffe mon âme, bouche ma peau.
je continue. je continue.
Je meurs. je continue.
Je meurs.
Je continue.
08:25 Publié dans constellations | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
24 juin 2007
Les pieds mouillés par la poussière du sable noir
Les pieds mouillés par la poussière du sable noir, j’arrivais aux portes de la vie.
Plaques d’étain, lourdes, fermées comme un gong. Les oreilles remplies par les murmures du vent. Noir.Aux portes de la vie ma bouche s’ouvrit pour délivrer le mot de passe.
Noir.
Le métal de l’ouverture rougeoya sa fente. L’or de ma chair s’anima.
Alors vinrent de toutes parts les armées des morts.
Versèrent les siphons du ciel.
Aux portes de la vie s’entonna
s’amassa la trombe : requiem.
La porte dernière, les morts m’y réclamaient.
De chaque souvenir des gosiers tués vivants ;
de chaque pelletée versée sur leurs yeux pleins de larmes ;
De chaque racine perforant la mongolfière de leurs poumons d’enfants ; de chaque viol ils hurlaient, mendiaient, suppliaient mon consentement.Par toutes mes charges d’amour, ils voulaient faire de ma vie l’hôte du Don. Noir.
La paix qu’ils n’avaient pas connue.
pressentie. osée. Les gravats mêlés de leur foi et des supplices qui n’avaient espéré main confiante. Mon rêve d’or saurait y reposer.
L’arche du sourire si forte. Faire escorte à leurs pleurs éteints.Avant même que d’avoir goûté l’air et la boisson du soleil.
Déroutes de ma chair mourante. Amande incandescente du vivant, lueur impossible, lointain gonfalon du refus.
Je déchirai les voiles de leurs cris. Je passai.Longtemps le sanglot puisa en moi le chagrin de ce premier Don. Toujours l’écho murmuré de la source noire.
Longtemps la chamade de ma chair blessée. Longtemps le recul, la révérence des discrètes agonies.
à la lisière de l’œil. charriés par mes pleurs rares.
charriés par mes crues.
Maintenant, leurs débris dans ma traîne.
Malgré le mors du refus à ma bouche de mariée.
22:36 Publié dans constellations | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
20 juin 2007
Le fantôme de la pure inquiétude
Au corps qui pousse
une clameur splendide,(chant muet d’un tenant
qui donne
à chaque place de muscles, chaque place de peau,
une ouverture croissante du ciel)
l’humain s’ajuste.
A l’être dont chaque place
est un appel brûlant
d’un cœur d’eau, de feu, de vent
l’humain se précise.
A l’être dont le corps
qui n’est qu’un cœur et qu’un appel
Ouvre, fend, traverse la terre et la féconde
comme un soc divin
l’humain se mesure.
Humain que consume la flamme d’éternel.
Ce fantôme de sa plus pure inquiétude,plus aiguë liberté,
Le hante quand le cheval marque le sol
du xylophone de ses sabots.23:40 Publié dans constellations | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
06 juin 2007
Never complain, never explain
Dans la yourte de tes os
j’incante ma nef,
cheval !
Dans les courants de ton pas
s’inspirent mes alizés
quittant les falaises.
A la danse de ton front qui s’illumine
au joyau scintillant de ta course
j’allume mon étoile.
Ton œil se coule
dans l’inspir du galop,
languide, moqueur,
au sourire de ton sabot le vent
s’ensorcelle et soulève ta cadence.
Je prie
aux savoirs infinis de ta chaleur
le savoir des naissances et du sang.
Je bois aux sources timides de tes naseaux
sensibles comme le papillon au calice,
battant doucement comme un cœur.
Sous la nuit du sabot le plaidoyer reste coi.
Seul demeure
l’agenouillement
et l’arc électrique
de la blessure.
Rouge enchantement,
la plaie de la cymbale.
Sur les cuivres vibrants, chants cerclants du cœur,
j’appose un doigt.
Celui qui creuse la lèvre des anges
pour le secret
aux portes des berceaux…
Ouvrant le ciel infini à l’aune des bras ouverts.
Suppliques et offrandes,
fin des distinctions.
La cause de la flamme,
brûler le feu
jusqu’à l’extinction.
Dans ton grand vol horizontal
never complain, never explain.
09:40 Publié dans constellations | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Les poésies inédites
O Mirage-le-noir couché dans la paille, auprès de qui je m’assois, deux mètres de chaleur vivante qui se relève à grands sursauts de cuisses hautes comme moi.
La pensée des poésies inédites, des savoirs en pure perte, accord des profondeurs du réel : ce geste cent fois vu de l’humain aspiré vers la fenêtre, posté à l’espace, dès lors que le téléphone à la main. Chaque jour millions d’humain regardant le ciel, enfin.
02:44 Publié dans constellations | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
03 juin 2007
Le battant de mon dire
Cœur ouvert
renoncer à fermer
sa paupière
Tant de pensée tant de maux
constat à compter
indexer sur deux doigts :
une viande et une parole.
Mon corps mortel attend
le battant de mon dire
comme une cloche claire.
Airain périssable
de ma peau
Espace cerclant
de mes veines.
20:35 Publié dans constellations | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
