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10 novembre 2007

Lame d'au-delà

alors

 

tu as parlé d’impuretés, d’insuffisamment trempé dans la lame de mon crâne.

 

depuis fume la lente fusion. Dans le fourreau de chair tout fond et se reconstitue. tout brûle. La matière disparaît dans la lueur.

 

Échos, tocsin : mon cœur cogne comme une masse sur l’enclume, pulse, sourdement. derrière la lueur.

 

La lueur est faite de feu et de douleur. l’âme cuit. ma langue cuit.

 

Tu as parlé et la glace a attaqué           mutation. Les raisons ont disparu. Toutes. les bonnes, les mauvaises. les tiennes, les miennes.

Seul évènement : la survenue. L’exhumation d’une veine inouïe, incréée de la mine.

 

Soufre, safran. je disparais. j’apparais.

Ce n’est pas la raison, ce n’est pas la justice. C’est le choc de deux matières dont l’alchimie incombe aux plus sourdes aux plus hautes aux plus légères aux plus subtiles

pressions. Comme la chair sous la gouge et le maillet je disparais. Comme la chair sous la gouge j’apparais.

 

Qu’importe. je hais la douleur la vieille douleur qui fume mon âme. qu’importe. elle n’échappe pas au bûcher. tous les chemins y passent. bons, mauvais. Ici sous cette porte je suis jugée. La jauge étroite m’écorche et le chemin continue à défiler sous mes pas. Les cribles de glace me traversent. Je n’évite pas la douleur. je ne veux pas non plus. mais tout de moi est debout quand elle me parsème. Seul destin de ma stature, cette lame, plus irréelle.

 

Lame d’au-delà.

 

09/11/2007

 

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