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31 octobre 2007
Glanés au Joujou Rouge
21:33 Publié dans la prunelle de mes yeux | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Je saisis le prétexte de ta chair absente
Je saisis le prétexte de ta chair absente
de tout de toi
absent pour mordre au sang
mon adresse
Je dis
Je dis pour remplacer
contredire le tempsj
e dis pour ressusciter les morts
je dis
l’absence
pour contrer.
Je n’ai que ma bouche
presque vide
pour prendre le choc
de la lame
dont le tranchant
effaça mon corps entier.
Là où j’étais : tranchant,
moins que l’air
Je n’ai que ma bouche
pour marquer les lèvres
d’une blessure.L’écho lucide des larmes pour invoquer les substances abolies.
Le sabre qui s’abat
Je veux le prendre contre mes dents
Habitant ma disparition
Il peut y avoir du répondantIl peut y avoir plus que le vide
La présence.
Archéologue de ma propre vie, de mes propres restes,
dépoussiéreuse de débris
hante,
fantôme d’un local désert.
Le goût des poussières dans la bouche.
La salive du sable.Être indocile est ma seule liberté.
Je voudrais retrouver
le geste
réinventer l’étincelle
de toute cette musique, trouver silex assez intense
pour choquer cœur à cœur,Enfanter l’enfançon du feu.
Si peu de choses
sont peut-être possibles : Deux mains,
deux points qui ne rompent pas
et le souvenir évadé de tous les temps,
le fuyard éternelde la volonté du feu.
27/10/2007
21:01 Publié dans cendres d'octobre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
30 octobre 2007
Effexor 21
C’est pas poétique, dormir
(même si les musiciens baroques tombaient facilement dans les bras de Morphée).
Le sommeil des autres fait rêver mais le mien quelle poisse
La somnolence qui m’assassine
à chaque numéro du mois
y compris celui
de l’assassin
21 ça lui va bien, à
Effexor®
Oui. Effexor® habite au 21 et me foudroie mollement à chaque fois que je m’allonge
à toute heure du jour et de la nuit
Depuis que ma lèvre
est prise à son hameçon
rose pâle, la cédille,
pour me tenir les ouïes hors de l’eau
je dors
le jour et la nuit
je dors
sans trêve et sans répit.
Peu à peu
j’affine mes jutsu pour aligner le petit ninja
le baby Pack Man
sous sa camisole chimique…
Pour tromper la ronde sifflante des shuriken
je danse je saute j’esquive mais quand je rate
ma parade je m’étale
dans le grand technicholor du cauchemar, j’apocalypse now
etcaetera etcaetera…Docteur Mabuse, c’est pas gentil, t’abuses, t’abuses…
11:28 Publié dans Vue aérienne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
29 octobre 2007
Le pacte
Ce corps là. De cette personne là. Ce qui fait obstacle, bouchon, ce qui fait trait d’union, aussi, accent circonflexe, accent aigu, toute la ponctuation y passe, dans ce corps là.
Parce que tu désires et qu’elle désire aussi mais elle ne veut pas. Parce qu’elle a enterré le désir loin
dans ce corps là. Son corps comme un barrage. un barrage qui te permet d’approcher si près. contre la montagne de béton tu écoutes son cœur. tu écoutes battre la veine à son cou comme un pétale accéléré. tu désires mais ton corps aussi est un barrage, une tourbe. alors tu peux sans presque mentir poser tes mains sur le barrage, poser les mains sur ses seins et sentir la chaleur onduler sans mourir. tu désires mais six océans d’empêchement précèdent tes mains et tes bras. Huit montagnes accablent ta bouche. tu aspires ta propre haleine. ton pubis est innocent comme une joue. tes trous coulent en vain, comme par erreur. Dix tonnes de silence masquent son profil, interposent sa peau et les mots insensés, les mots qui trouent.
On disait, un roué d’un qui dissimule. Aussi un supplice.
Rayons de ma roue : mes membres de Shiva, surnuméraires, insolites, exotiques, qui tentent de se faire passer pour une statue, comme un cambrioleur surpris en plein larcin. N’avouez jamais.
Toutes deux c’est notre partage le plus secret, notre vrai pacte. N’avouez jamais.
27/10/2007
19:28 Publié dans cendres d'octobre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Rouge absent
écoute précisément :
du tas de fumier de ta chair
des braises tisonnées,
détruites, brandons à l’odeur de fumée
ce corps un nid
où l’œuf a pourri
le phénix n’ouvre pas ses ailesmille pétales de flammes
la coupure du sexe
n’aiguise aucun feu blanc
au blanc du centre
disparaissant
la coupure ne saigne même plus
les traces brune
qui penserait
l’odeur même s’en est enfuie
Rouge absent
brûlure ignorée
un ton qui manque
à jamais au soleil.
27/10/2007
19:26 Publié dans cendres d'octobre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
28 octobre 2007
étoiles
21:51 Publié dans la prunelle de mes yeux | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
L'approche du condor
Ecoute
je vais te dire
quelque chose
écoute
Je ne sais pas quoi
je sais sa forme : une
Flèche
Ma bouche qui pousse
est lourde comme des jambes fatiguées
Ma bouche enfante
de la glaise
Je rampe avec le placenta
où brillent ces mots
Comme une nageuse de terre
je repousse
l’argile
Dégager la cible en effilant la voix.
Nouée au trait tiré - nous gisons ensemble dans les membranes.
Que se passe-t-il dans cette naissance ?
Quand les mots naissent
pour être inouïs,
engendrés par la seule cible
d’un seul cœur ?
Créent-ils
la cible
oh
des terres nouvelles
émergent-elles
tirées des abysses
vers les mains de nouveaux dieux
tirées ruisselantes aux rives du soleil ?
L’approche du condor
se fomente
en moi.
Flèche futée
affûtée décidée : mes forces voraces
pour percer
les barricades du réel.
27/10/2007
21:47 Publié dans cendres d'octobre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
27 octobre 2007
Une conférence
Pourquoi ?
Et pourquoi ça me touche ?
Ses jambes muselées, nouées l’une à l’autre, se serraient de plus en plus à mesure que la parole s’enflammait, que le visage s’approchait de nous, un sourire comme un baiser. Le sang y montait. L’effort généreux, l’effort physique de la tension intellectuelle, la rigueur et l’envie.
Ligne d’horizon de la table. L’horizon universitaire qui sépare noblesse et peuple. mains, visages sans jambes.
Dessous, les jambes gainées de bas. La jupe au genou. Le costume et l’allure d’un classicisme bourgeois, relents discrets de messe dominicale. Lunettes classieuses d’intellectuelle de haut vol. Ces jambes liées, le dressage de cacher ces cuisses que je ne saurais voir…. et la peur aussi.
La peur du regard. qui tue.
Vulnérabilité de la femme pas vraiment belle, pas vraiment mince, pas vraiment jeune, qui ne l’a jamais été, qui ne s’est jamais vue telle, trop de regard qui écrase, et tente, pourtant, d’en oser les atours. Bien plus touchante de cette vulnérabilité.
La sensualité, sa transgression incontournable, portent une part de la liberté. de l’humanité. je veux. vivre. je veux. en risquer la faille. La perte totale d’une contenance toujours illusoire et toujours menacée. le consentement de la limite, de la mort, de l’alcool du vivant à célébrer. J’ai si peur.
29 septembre 2007
22:51 Publié dans cendres d'octobre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Pêcheuse de ciel
pourquoi pourquoi
bruit de noix cloche brisée
Comme les feuilles les mots s’amassent
à mon seuil je les étale
sur des écrans de neige blanche et
obstinément
les dépose
dans le grand silence du lieu ouvert aux quatre vents.
Les quatre vents s’arrêtent au seuil. Le silence ne bruisse pas.
Les pas sont mats et furtifs dans la poudreuse
Les voleurs de mots ne laissent pas d’adresse
Le pain est mangé les miettes brillent encoreMirage
Et moi je gagne à ce mirage d’être délestée
Confier aux maraudes des vents ce qui ne vaut
que
nu comme ver, grelottant, détroussé :Les os et les restes du langage enfantés par ma bouche.
Prison et matrice, volière de pillards.
Migrants, je vous mate des yeux et de la dent,
Avec l’essaim troueur de nuages
je gonfle et m’élève
et je rêve d’Afrique et d’océan
et je suis l’île, je suis l’ancre ballottée qui brinquebale
Le ciel tout entier au bout de sa ligne
Pêcheuse de ciel
Les pèlerins dont la prière reste
au seuil de la bouche
au seuil de la porte
sont tes fidèles
Les nomades, les innommés,
Les oiseaux en cavale
n’entament pas ton firmament.
Et tu demeures, mourante, vivante
au pas de ton trésor.
27/10/2007
21:50 Publié dans cendres d'octobre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
18 octobre 2007
Cendres d'octobre
C’est déjà un autre travail, un autre travers
Les cendres d’octobre sont retombées après le grand crachat du Vésuve.
douces, comme neige tiède.
Ensevelis les angles et les grandes routes de l’éveil.
Les pieds dans les feuilles, cendres-plumes secouées par mes frappes hasardeuses, joueuses , désabusées.
caracole le courage.
Fouaillées sont les armées de la retraite, de la marée descendante.Étale est l’horizon.
C’est déjà une autre promenade, à hauteur de plaine. Ma hauteur est l’éminence.
Le courage est la boussole aux directions fragiles.
c’est l’appel du loup.
c’est la chair
qui va là où la lame
précise
la fait vive.
C’est la chair qui ensorcelle l’acier
pour qu’il offre le plus lumineux, le plus affiné de sa lame.La blessure comme d’une vanne
Les flots rouges du barrage, à cœur ouvert les chevaux rouans lancés vers ce qui assaille.
Quel est mon viatique.
de l’estuaire au principe.
de la matière au bond.
des lanières des mille morts aux atours altiers.Courage de quitter toujours les routes.Ce sont les pieds qui doivent ouvrir, toujours, le chemin le plus vif.
Les tournures et les boiteries : qu’elles s’effacent devant l’avancée, qui appelle et simplifie.
Les échos doivent rendre les armes au silence. Le silence affûte la clarté du mot et de l’acte.
Ornières. tracées par les pensées déshabitées, désenvoûtées.
Chaque jour j’oublie le nom de la source. Chaque jour je peux à nouveau faire sourdre son miracle. condition de l’eau pure.
oublier les appuis. ne s’élever que du renoncement et de ce qui de soi, s’élève.
de soi. s’élève.Ensevelir le soi, chaque jour, y mourir. Matin, ressusciter du nulle part. chaque jour nouvelle voix de ma gorge. La gueule du loup.
Longitude invisible
du nulle part et du toutes parts. A ta croisée se tenir.
18:28 Publié dans cendres d'octobre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note









