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31 octobre 2007

Je saisis le prétexte de ta chair absente

Je saisis le prétexte de ta chair absente

de tout de toi

absent pour mordre au sang

mon adresse

 

Je dis

Je dis pour remplacer

contredire le tempsj

e dis pour ressusciter les morts

je dis

l’absence

pour contrer.

 

Je n’ai que ma bouche

presque vide

pour prendre le choc

de la lame

dont le tranchant

effaça mon corps entier.

 

Là où j’étais : tranchant,

moins que l’air

 

Je n’ai que ma bouche

pour marquer les lèvres

d’une blessure.

 

L’écho lucide des larmes pour invoquer les substances abolies.

 

Le sabre qui s’abat

Je veux le prendre contre mes dents

 

Habitant ma disparition

Il peut y avoir du répondant

 

Il peut y avoir plus que le vide

 

La présence.

 

Archéologue de ma propre vie, de mes propres restes,

 

dépoussiéreuse de débris

hante,

fantôme d’un local désert.

 

Le goût des poussières dans la bouche.

La salive du sable.

 

Être indocile est ma seule liberté.

 

Je voudrais retrouver

le geste

réinventer l’étincelle

de toute cette musique, trouver silex assez intense

pour choquer cœur à cœur,

 

Enfanter l’enfançon du feu.

 

Si peu de choses

sont peut-être possibles : Deux mains,

deux points qui ne rompent pas

 

et le souvenir évadé de tous les temps,

le fuyard éternel

 

de la volonté du feu.

 

 

27/10/2007

 

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