29 octobre 2007

Le pacte

Allez il faut recommencer parce que tu t’approches du poteau mais tu ne sens pas encore l’odeur de la peau qu’on flaire quand on est assez proche l’odeur qui sort des pores comme l’encens de l’âme, brouillard opaque sans signification, pure et simple présence.

 

Ce corps là. De cette personne là. Ce qui fait obstacle, bouchon, ce qui fait trait d’union, aussi, accent circonflexe, accent aigu, toute la ponctuation y passe, dans ce corps là.

 

Parce que tu désires et qu’elle désire aussi mais elle ne veut pas. Parce qu’elle a enterré le désir loin

dans ce corps là. Son corps comme un barrage. un barrage qui te permet d’approcher si près. contre la montagne de béton tu écoutes son cœur. tu écoutes battre la veine à son cou comme un pétale accéléré. tu désires mais ton corps aussi est un barrage, une tourbe. alors tu peux sans presque mentir poser tes mains sur le barrage, poser les mains sur ses seins et sentir la chaleur onduler sans mourir. tu désires mais six océans d’empêchement précèdent tes mains et tes bras. Huit montagnes accablent ta bouche. tu aspires ta propre haleine. ton pubis est innocent comme une joue. tes trous coulent en vain, comme par erreur. Dix tonnes de silence masquent son profil, interposent sa peau et les mots insensés, les mots qui trouent.

 

On disait, un roué d’un qui dissimule. Aussi un supplice.

Rayons de ma roue : mes membres de Shiva, surnuméraires, insolites, exotiques, qui tentent de se faire passer pour une statue, comme un cambrioleur surpris en plein larcin.  N’avouez jamais.

Toutes deux c’est notre partage le plus secret, notre vrai pacte. N’avouez jamais.

 

 

 

27/10/2007

 

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