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30 septembre 2007
vue aérienne - 15
Alors là, c’est une autre paire de manches
parce que les voix
ouvertes
dans ma tête
hier
étaient béantes
jusqu’au fond de la chair
Au milieu de leur chair
les croisées ouvertes vers des ciels renouvelés.
voix tautologiques
parlant de la parole
voix complètement mêlées à la viande du souffle
qu’on aurait garde de confondre avec ce gaz pompé par l’accordéon pulmonaire :
le souffle
saturé de sang
le souffle mortel pouvant saigner par maintes blessures
fontaine baroque
le souffle qui peut rendre l’âmeet la garder.
Celui qu’on retient quand quelque chose de terrible foudroie l’instant
ou qu’une étoilevite essuyée
coule sur la joue de la nuit
un souffle qui nourrit le cœur du bois fendu
sous la tension du feu
un bois empli du bond
vers l’ailleurs
ce souffle qui bave entre les dents serrées de qui refuse
de partir
Comme il rend
toute matière
et tout corps
vivant et lumineux et bondissant !
Comme il écarte
d’un revers de main
les attributs dérisoires et les breloques,
fétus des vêtements accrochant dans leur plis
les naphtalines des brigades et des familles,
l’étouffoir
de ce qui est
impunément joyeux…
Comme il ouvre ces rideaux
et plante nu
l’humain triomphant de ce qui empêche.
Mais maintenant, toi,
quelle croisée
et quelles croisades
quel cri de bataille comme oriflamme de ta bouche ?
Quelles armes
vas-tu brandir,
lames insoucieuses de toute frappe, de tout combat,
occupées seulement de disparaîtrederrière le souffle de leur fil.
Amarres, attaches, tranchées, larguées
de ta bouche et de ton geste.
vue aérienne - 15dimanche 30 septembre 2007
20:38 Publié dans Vue aérienne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

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