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24 juin 2007

Sables

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Les pieds mouillés par la poussière du sable noir

Les pieds mouillés par la poussière du sable noir, j’arrivais aux portes de la vie.

Plaques d’étain, lourdes, fermées comme un gong. Les oreilles remplies par les murmures du vent. Noir.

 

Aux portes de la vie ma bouche s’ouvrit pour délivrer le mot de passe.

 

Noir.

Le métal de l’ouverture rougeoya sa fente. L’or de ma chair s’anima.

 

Alors vinrent de toutes parts les armées des morts.

Versèrent les siphons du ciel.

 

Aux portes de la vie s’entonna

s’amassa la trombe : requiem.

La porte dernière, les morts m’y réclamaient.

 

De chaque souvenir des gosiers tués vivants ;

de chaque pelletée versée sur leurs yeux pleins de larmes ;

De chaque racine perforant la mongolfière de leurs poumons d’enfants ; de chaque viol ils hurlaient, mendiaient, suppliaient mon consentement.

 

Par toutes mes charges d’amour, ils voulaient faire de ma vie l’hôte du Don. Noir.

 

La paix qu’ils n’avaient pas connue.

pressentie. osée. Les gravats mêlés de leur foi et des supplices qui n’avaient espéré main confiante. Mon rêve d’or saurait y reposer.

L’arche du sourire si forte. Faire escorte à leurs pleurs éteints.

 

Avant même que d’avoir goûté l’air et la boisson du soleil.

 

Déroutes de ma chair mourante. Amande incandescente du vivant, lueur impossible, lointain gonfalon du refus.

Je déchirai les voiles de leurs cris. Je passai.

 

Longtemps le sanglot puisa en moi le chagrin de ce premier Don. Toujours l’écho murmuré de la source noire.

 

Longtemps la chamade de ma chair blessée. Longtemps le recul, la révérence des discrètes agonies.

à la lisière de l’œil. charriés par mes pleurs rares.

charriés par mes crues.

 

Maintenant, leurs débris dans ma traîne.

Malgré le mors du refus à ma bouche de mariée.

 

20 juin 2007

Le fantôme de la pure inquiétude

Au corps qui pousse

une clameur splendide,

(chant muet d’un tenant

qui donne

à chaque place de muscles, chaque place de peau,

une ouverture croissante du ciel)

 

l’humain s’ajuste.

 

A l’être dont chaque place

est un appel brûlant

d’un cœur d’eau, de feu, de vent

 

l’humain se précise.

A l’être dont le corps

qui n’est qu’un cœur et qu’un appel

Ouvre, fend, traverse la terre et la féconde

comme un soc divin

 

l’humain se mesure.

Humain que consume la flamme d’éternel.

Ce fantôme de sa plus pure inquiétude,

plus aiguë liberté,

Le hante quand le cheval marque le sol

du xylophone de ses sabots.

Haute école Nevzorov

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"L'or des gitans ne brille ni ne tinte. Il luit dans le soleil et hennit dans l'obscurité."

 
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A voir en grand sur le site Nevzorov Haute Ecole

06 juin 2007

Never complain, never explain

23/04/07

 

 

Dans la yourte de tes os

j’incante ma nef,

cheval !

 

 

Dans les courants de ton pas

s’inspirent mes alizés

quittant les falaises.

 

 

A la danse de ton front qui s’illumine

au joyau scintillant de ta course

j’allume mon étoile.

 

 

Ton œil se coule

dans l’inspir du galop,

languide, moqueur,

au sourire de ton sabot le vent

s’ensorcelle et soulève ta cadence.

 

 

Je prie

aux savoirs infinis de ta chaleur

le savoir des naissances et du sang.

 

 

Je bois aux sources timides de tes naseaux

sensibles comme le papillon au calice,

battant doucement comme un cœur.

 

 

Sous la nuit du sabot le plaidoyer reste coi.

 

Seul demeure

l’agenouillement

et l’arc électrique

de la blessure.

 

 

Rouge enchantement,

la plaie de la cymbale.

Sur les cuivres vibrants, chants cerclants du cœur,

j’appose un doigt.

 

 

Celui qui creuse la lèvre des anges

pour le secret

aux portes des berceaux…

 

 

Ouvrant le ciel infini à l’aune des bras ouverts.

Suppliques et offrandes,

fin des distinctions.

 

 

La cause de la flamme,

brûler le feu

jusqu’à l’extinction.

 

 

Dans ton grand vol horizontal

never complain, never explain.

 

 

Equus

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Les poésies inédites

O, mon orage qui recommence ! O la moiteur violette de l’air où pissent à longs traits les cataractes tièdes, peuplant l’espace. O le petit nez plissé de ma bête quand je lui fourgue un bouquet de rameaux de peuplier à la porte du box. L’odeur piquante de la sève, plus corsée que l’abîme des prés. Sa lèvre délicate, petites touches, de bête massive, son vaste flanc de caverne rousse, la douceur indicible de son encolure de pur-sang.

 

O Mirage-le-noir couché dans la paille, auprès de qui je m’assois, deux mètres de chaleur vivante qui se relève à grands sursauts de cuisses hautes comme moi.

 

La pensée des poésies inédites, des savoirs en pure perte, accord des profondeurs du réel : ce geste cent fois vu de l’humain aspiré vers la fenêtre, posté à l’espace, dès lors que le téléphone à la main. Chaque jour millions d’humain regardant le ciel, enfin.

 

03 juin 2007

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Le battant de mon dire

Cœur ouvert

renoncer à fermer

sa paupière

 

Tant de pensée tant de maux

constat à compter

indexer sur deux doigts :

une viande et une parole.

 

Mon corps mortel attend

le battant de mon dire

comme une cloche claire.

 

Airain périssable

de ma peau

Espace cerclant

de mes veines.

 

L'oeil ouvert

Sur le fond de cette toile l’encre a bu ma vie.

Ma peau où la peur a pénétré

 

tant d’années déjà

comme la crasse incrustée

 

L’écheveau simple de mon torse et de mes bras

et le circonflexe plié de mes jambes cloué dans un coin

là où se plisse le châssis

jeté

en vrac

comme des bottes pleines de boue au loin

vers la douche chaude

 

La peur a pénétré comme un buvard

ma peau

longtemps échinée

 

à être sauvée

 et peut-être

après tant d’années, tant d’étal sur tant de tendons et de cris

renonçant

renonçant à toute image

incurvant juste

lentement

prudemment

la fleur attentive du regard sur les pétales défaits de ma vie

 

Tant de cris tant de frénésie

terriers creusés, trésors déterrés au milieu des mirages

le temps d’un arc en ciel

tant de cris pour me taire

 

Clore la bouche

l’œil ouvert.

 

 

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