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03 juin 2007

L'oeil ouvert

Sur le fond de cette toile l’encre a bu ma vie.

Ma peau où la peur a pénétré

 

tant d’années déjà

comme la crasse incrustée

 

L’écheveau simple de mon torse et de mes bras

et le circonflexe plié de mes jambes cloué dans un coin

là où se plisse le châssis

jeté

en vrac

comme des bottes pleines de boue au loin

vers la douche chaude

 

La peur a pénétré comme un buvard

ma peau

longtemps échinée

 

à être sauvée

 et peut-être

après tant d’années, tant d’étal sur tant de tendons et de cris

renonçant

renonçant à toute image

incurvant juste

lentement

prudemment

la fleur attentive du regard sur les pétales défaits de ma vie

 

Tant de cris tant de frénésie

terriers creusés, trésors déterrés au milieu des mirages

le temps d’un arc en ciel

tant de cris pour me taire

 

Clore la bouche

l’œil ouvert.

 

 

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