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23 juillet 2006

Marchant sur les eaux

medium_vague.jpg


22/07/06

 

 

 

Du bout

de mes pieds

funambulise

une crête de vague

 

Tout est verre, ici,

fendu cristal de l’air et de ce qui s’ourle

comme un œil

dont la paupière se soulève

la mer

 

comme un œil aveugle à l’iris de cérule, la prunelle,

enflante cymbale d’obscur

sous la chiquenaude du soleil

 

(Zoom d’iris quand la fleur

exhibe le fond de sa pensée,

 

les tripes de son calice,

sa jouissance crucifiée, l’organe de son rire)

Donc la mer

se soulève, regarde et jette un coup d’œil

par-dessus la lisière des eaux,

(la mer toute embaumée

de ses citernes de larmes)

 

Moi me hissant sur le frisson de ses cils nombreux

Moi battant des bras à la limite de l’envol

dansant sur son front bleu

déroulé comme une corde sur l’étale

 

Si fragile si transparente qu’on peut voir au travers ma peau

l’arborescence du sang comme les racines d’une brisure comme l’instant d’avant l’éclatement

cristallin rembobiné,

 

Mais c’est l’essor,

les fragments qui remontent, reconstitués,

ce sont mes plantes domestiquant

la baleine profonde

l’abysse immergé

 

Marchant sur les eaux.

 

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