12 mars 2006
Deux couleurs
Gerhard Richter
26/10/05
fatigue. aujourd’hui je suis
en colère contre toi
en couleurs contre toi la fade la monochrome. tu n’as
pas le droit.
dégage ! je me heurte contre ta membrane je me cogne contre ton tambour et ce chuchotis d’hôpital vibre-énorme et de mon front buté j’allume des étincelles qui créent
d’abord le rouge
le rouge colère
est parfois la première note du nuancier la première flamme de la lumière
il faut
éblouir un peu tout ça
Afrique
dans cette mollesse de la saison, Fatigue, une saison, je te mords à la nuque comme fait le lion affalant la gazelle sous sa masse de destruction souveraine.
09/03/06
tiens, la colère
la colère est une couleur
livide aujourd’hui
incolore couleur carnée d’amer
la colère cimeterre
ébréché en zigzag
une colère, une lumière, un sel d’éclair
de court-circuit voie électrique de raccourci, assassin d’obstacle,
égorgeuse au kriss ondulé,
muette au sourire torve, complice d’amok…
de court-circuit voie électrique de raccourci, assassin d’obstacle,
égorgeuse au kriss ondulé,
muette au sourire torve, complice d’amok…
Sa lame me dessine une bouche
doublement incurvée, tranchant qui ricane
morfil étincelant, pâleur de menace.
colère glaciaire, couleur de krach
doublement incurvée, tranchant qui ricane
morfil étincelant, pâleur de menace.
colère glaciaire, couleur de krach
Celle-là, n’est pas une jeunesse,
un coquelicot à la crête impétueuse,
vite poussé, vite glané,
celle-là est de cette ancienneté immobile qui muselle
le frisson du frimas même,
celle-là tutoie les espaces antérieurs à la vie, les grandes manœuvres des étoiles perdant les tripes de la matière
sur la nappe d’ébène
de l’espace dans une chaleur insensée qui
ne réchauffe pas,
ne réchauffe rien,
cette couleur-là est assise à la table de ces géantes froides, comme quelqu’un qui parle peu mais qu’on écoute.
naine blanche.
un coquelicot à la crête impétueuse,
vite poussé, vite glané,
celle-là est de cette ancienneté immobile qui muselle
le frisson du frimas même,
celle-là tutoie les espaces antérieurs à la vie, les grandes manœuvres des étoiles perdant les tripes de la matière
sur la nappe d’ébène
de l’espace dans une chaleur insensée qui
ne réchauffe pas,
ne réchauffe rien,
cette couleur-là est assise à la table de ces géantes froides, comme quelqu’un qui parle peu mais qu’on écoute.
naine blanche.
00:15 Publié dans lumes et umbria | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note



Commentaires
Bonjour, voilà plusieurs jours que je reviens ici et... où êtes-vous Patricia? J'aime bien Richter, bien que je le connaisse mal, mais j'aime encore mieux vous lire!
Reprenez le fil, ne le lâchez pas!
Ecrit par : ManuB | 17 mars 2006
Je crois qu'étymologiquement âme veut dire souffle... je ne sais pas ce qu'est l'âme, mais je sais ce qu'est le souffle, qu'il murmure, qu'il caresse, qu'il crie ou qu'il râle, et je sais que vos textes sont ce souffle, non pas seulement qu'ils le suivent ou le recueillent, non, ils en sont le mouvement et la profondeur.
Je vous remercie, moi aussi, Patricia, de me couper le mien de souffle avec vos textes, à chaque fois.
Ecrit par : claude | 18 mars 2006
Merci, ça devient une évidence qu'il y a du sens à ouvrir au vent sa soute intime d'écriture quand on reçoit des réponses comme la vôtre, Claude, et comme toutes celles que j'ai entendues venant de personnes dont je respecte tant la démarche et la qualité d'âme...
(sans trouver la plupart du temps l'énergie ou la précision pour le déclarer, comme il faudrait, chaque fois...)
Ecrit par : Patricia | 18 mars 2006
la colère , couleur étalée au couteau sur la toile, d'un geste furieux, le peintre des mots la veut noire, anthracite, rouge épitaphe d'un noeud à l'âme qui n'a de cesse de vouloir s'ouvrir et se vider de son tumulte intérieur.
Ecrit par : Lubna | 22 mai 2006
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