01 mars 2006
Hospices 4
La fatigue est un état pénible, c’est aussi un état intéressant. quand il y a du temps, pour elle.
Vulnérable. en quoi c’est intéressant.
Les contes adorent la terreur, les armées terreuses des morts qui s’invitent chez les vivants. Dans les contes, toutes les portes, les terrifiantes, c’est ensemble, savoir et dire.
Voir, et dire.
Fermée, c’est un bandeau sur des yeux ouverts.
Elles ouvrent sur le même espace, mais il gagne une dimension : la profondeur. Espace surface, superficiel. espace profond, gouffres et volumes.
Ça fait partie de la peur. Voir, l’espace, ne pas reconnaître…
Soit on ne veut rien savoir, à jamais.
Soit il faut reconnaître, connaître à nouveau, à chaque fois. (Une fois pour toutes est le plus grand des menteurs, une fois pour toutes n’existe pas.)
Tu vois venir dans ta chambre les carcasses sanglantes de tes avatars, délices de Rembrandt, régal de Bacon, splendeurs rutilantes pendues par les tendons, pin up déshabillées de leur vêture de peau.
Tu vois venir les morts qui parlent, épouvantables bavards, les récits sortent de leur bouche avec les restes de chairs, les humeurs, les menus convives ondulant.
Tu vois venir le cavalier, là bas, tu vois venir le roulement des sabots noirs de son coursier d’enfer, la nuit mouvante.
Tu vois venir l’escorte qui te sauve, peut-être, si…
Poncée, rincée, fourbue. gommées certaines aspérités et résistances.
Vulnérable. en quoi c’est intéressant.
Ça veut dire que ce qui est dur, touche et bouleverse. Ce qui est doux aussi. sans qu’on puisse l’empêcher. (Ce n’est pas vrai, on peut l’empêcher en se mutilant la tête, en changeant de soi, en tournant autour du centre, ou du pot, hors de soi. Bon. Si on ne veut pas l’empêcher. alors c’est une plongée.)
Tout n’est pas accessible de soi, alors les autres ouvrent des portes, au hasard souvent. on peut entrer par là.
Il y a des portes, vous savez, on en parle beaucoup depuis que les gens content des histoires, des portes qui sont scellées avec un mot : interdit.
Les contes adorent la terreur, les armées terreuses des morts qui s’invitent chez les vivants. Dans les contes, toutes les portes, les terrifiantes, c’est ensemble, savoir et dire.
Voir, et dire.
Fermée, c’est tais-toi.
Fermée, c’est un bandeau sur des yeux ouverts.
Toujours les portes ouvrent sur le même espace, le même endroit que celui d’où l’on vient, le rassurant et le visible.
Elles ouvrent sur le même espace, mais il gagne une dimension : la profondeur. Espace surface, superficiel. espace profond, gouffres et volumes.
Dans des moments comme ça, des vacarmes cosmologiques, pensez, ce que contient l’espace est sans dessus-dessous...
Ça fait partie de la peur. Voir, l’espace, ne pas reconnaître…
Soit on ne veut rien savoir, à jamais.
Soit il faut reconnaître, connaître à nouveau, à chaque fois. (Une fois pour toutes est le plus grand des menteurs, une fois pour toutes n’existe pas.)
La fatigue crochète des portes. c’est une cambrioleuse.
Ma sœur Anne, que vois-tu venir ?
Tu vois venir dans ta chambre les carcasses sanglantes de tes avatars, délices de Rembrandt, régal de Bacon, splendeurs rutilantes pendues par les tendons, pin up déshabillées de leur vêture de peau.
Tu vois venir les morts qui parlent, épouvantables bavards, les récits sortent de leur bouche avec les restes de chairs, les humeurs, les menus convives ondulant.
Tu vois venir le cavalier, là bas, tu vois venir le roulement des sabots noirs de son coursier d’enfer, la nuit mouvante.
Tu vois venir l’escorte qui te sauve, peut-être, si…
ah…. si…..
Réponds à cette question.
Quand la fatigue ouvre les portes, à quelle étoile accroches-tu ta sauvegarde ?
19:45 Publié dans Hospices | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note

Commentaires
L'insurrection, c'est peut-être la meilleure façon de ne pas tomber dans la douce désespérance qui nous sied si bien, qui sied si bien à nos petites vies larmoyantes... je suis assez pour prendre les armes en ce moment, pas mal de choses m'agacent, et sans doute que je m'oublie un peu dans ces combats, même si je ne suis pas certain de cela. En tous les cas j'ai bien aimé te lire, just do it.
Sinon j'aime aussi beaucoup http://ruptures.over-blog.net/
Je t'emb,
mike
Ecrit par : Mike Nietomertz | 02 mars 2006
Moi aussi je lis ruptures, que j'ai découvert par ton intermédiaire d'ailleurs...
Ecrit par : Patricia | 02 mars 2006
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