27 février 2006

Hospices 2

Dans ma gorge. la toux. fourbit les bronches. lime les poumons. comme quand je courais. à perdre haleine ; c’est un refrain d’enfance, comme la marjolaine, la claire fontaine, à perdre haleine.

 

 

Expérience de la brûlure. aussi quand des journées entière à tenter de fatiguer l’océan Atlantique en chevauchant ses vagues. repartir, dans l’onde qui s’ourle, lourde, puissante, recommencée. dans les bouillons, la brûlure du froid, sur la peau, du sel, dans les yeux, du sable, aux chevilles, se jeter au front de l’océan. courir aux murs d’eau, et traverser. Traverser une onde qui soulève en une même haleine cinq cent kilomètres de rivage. revenir, aussi têtue qu’un électron.

 

 

Comme la manie de grimper, se poncer les jointures à toutes les écorces un peu immenses, les troncs de dieux, jambes de kamis. à tout roc un peu échine de dragon.

 

se hisser, se hausser à perdre haleine. à perdre peau.

 

Mais dans le four interne grille l’inquiétude. dedans, l’oxygène manque.

 

Alors à chaque pore j’ouvre mes vannes, je creuse l’immense et je maudis.

 

Je maudis l’impossible. Xerxès.

 

 

Constatons tout de même que l’océan n’a pas vaincu. Il fallait bien plus petit, bien plus mesquin pour m’amoindrir, l’immense n’abaisse jamais.

 

 

Il tient.

 

 

Et il ordonne, et il profère.

 

Et il fonde.

 

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