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13 février 2006
La tangente
12/02/06
Aux portes de la nuit. le vieux palace miteux. Au pied de mon lit. paillasse stupide. Au bord de tout ce qui s’éteint.
J’aimerais m’allonger dans l’allonge d’un cheval, j’aimerais prendre la tangente de son amble, filer dans la mouvance de son échine, faire la nuit buissonnière, mesurer le vent, repousser le sol comme un ciel, faire couler sous moi les galets du galop, cavalcade mélodique, comme l’élégance d’un ruisseau, entre la terre et moi, notre conversation de vieux amants encore fougueux, encore fumants, j’aimerais rêver, parmi le festin des odeurs d’herbe, le souvenir de la paille primordiale, la chanson fauve des pelages, à la grâce claudicante des poulains.
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