12 avril 2008
Langue d'equus
12:06 Publié dans la prunelle de mes yeux | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Langue d'equus
Depuis décembre je ne dis pas grand-chose
d’abord on m’a coupé la langue
mais c’est sans importance
mais peut être une raison
ensuite j’apprends une langue sans mots
une langue de mouvements, d’éclairs alezans, de sensation dans les membres, de froid et de chaud, de peur et de tendresse, de bottes dans la boue, de pieds qui traînent, une langue dont les mots servent à voler
et que j’égrènepour l’heure
à coups de balbutiements terrestres
comme un albatros mazouté (mais vétéran des grandes traversées).
Qu’il est extrême d’apprendre des mots
que n’ouïssent pas les oreilles humaines
d’apprendre des mots de solitude et de vie
des mots d’instants et de vent qu’on ne dit pas pour se serrer près des semblables, pour se rassurer au bord du cercle de pierres, la margelle du feu,
mais ces mots qui sont dits pour aller là-bas
de l’autre côtévers l’étrange fascinant
pour quitter les sentiers battus et la terre même
pour franchir l’espace impalpable qui baigne les astres
pour aller à l’encontre d’une nature autrement nôtre, céleste, ailée, pour marcher fièrement sur les abîmes sombres, les eaux rugissantes, les arches irisées des arcs-en-ciel.
L’aventure est alchimique
viol de frontières
folie
absurdité
franchissement
départet aussi
retrouvailles
du plus rouge cinabre des plus brûlantes entrailles,
noces des forges du cœur,
ivresses de la liqueur pulmonaire,
palpation des atomes d’étoiles en cristaux dans la chair, fer, carbone, poussières de sol infiniment aïeules,
de tout ce qui en nous n’est pas
monnaie de singes
apprivoisés, primates parleurs.
11:57 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
17 mars 2008
Imago
Je suis une imago
je sécrète mon cocon
ma salive cristallise
et ses fils s’entrelacent
dans un mouvement très lent
presque
imperceptible
sauf aux yeux des vents
qui parcourent la terre sur la route marine d’une saison.
Les mots disent des actions
de l’être
les mots sont des actes
de l’êtrece n’est pas le temps des actes vifs,aigus, rapides comme des fils d’épée.
C’est plus lent encore
que la boue qui décante
que les miasmes qui descendent
que les braises qui se désincarnent et deviennent
bulles de cendres
Car il est plus lent de créer
que de détruire
d’élever que d’écrouler.
Il faut de l’abandon
et de la vigilance.
Mes yeux d’imago
impassibles aux images externes
mes yeux porteurs et berceurs de la force future
contemplent sans faillir
sans cillerla coque cristalline qui se trame.
J’élève une densité légère
faite pour la gésine des organes profonds
pour ce qui change les langueurs de la larve –
larva, le masque,
pour l’éblouissement des ailes.
A visage nu.
21:37 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
10 février 2008
la rose des sables
09/02/2008
tu sais…. par terre, là, comme une rose des sables… cette esquisse, ce diadème estompé… c’est l’écho lointain, futur des parois
du cœur incertain… autour de moi les parois de glace, de verre… fragiles… ce tintement… l’onde qui s’extrait de la rose, la rosace immatérielle… l’onde s’épanouit ou se trouble… son chant en moi comme une fontaine…. j’aimerais la voir imprégner enfin, la terre… ondoyer d’autres joues, un autre regard que le mien, perdu… j’aimerai une coupe pour cueillir l’eau et étancher la soif ou le goût de la pureté et de ce qui laisse
la lumière
passer.
11:26 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Dans l'ombre de vos voix
allons bon… monte un poème, dans la lumière d’hiver, le sein de cristal, qui éclabousse la peau terrestre
cri de jouissance lactée, point d’orgue irrésolu, orgasme d’aube.
Le poème rare sourd d’un pore unique, ruisselle sur le ventre du désert. Ces temps la parole est rare. Quelqu’un a dit hier « c’est comme si ma présence devenait peu à peu silencieuse ». des fois les poèmes se taisent, longtemps. ce n’est pas grave. L’eau ne manque pas, au fond, dans l’ombre.
quelqu’un disait hier « ces temps-ci je disais à mes collègues c’est bizarre je m’intéresse de plus en plus à l’ombre et moins à la lumière »
puis « je suis traversée, je repose là, dans l’ombre de vos voix ».
« On » veut me chasser de ma maison. Janvier est pour moi le temps des chasses. Les choses qui arrivent fondant du ciel comme des harpies, la bouche en feu d’insultes. C’est le temps de naissance de ma sœur. Expulsions.
Cette nuit je cherchais une maison, avec un enfant. Un chauffeur-chauffard noir brûlant les feux, croquant les trottoirs, passant par les chas des aiguilles parmi la foule nous emmenait vers le pas de ma porte. Avec Matthieu l’enfant-mots.
La maison était confuse. Le pas de ma porte, il avait disparu. Quelqu’un avait emporté les escaliers.
Momentanément je recevais une visite d’ombres dans ma chambre, des ombres dont je ne rêve jamais, des ombres qui hantaient ma pré-naissance… La tante carabosse détruisait une cage où j’aurais voulu clore un rat qui enflait.
Puis autre version : ma maison était récupérée, en une splendeur bourgeoise, ors et stucs, elle enflait, elle se déployait, tout autour, ma maison-chambre était colonisée par un gigantesque bordel bourgeois, crédences, lustres et bergère, mes voisines les maquerelles à soixantaine Chanel s’invitaient à des chocolats épais. J’avais charge d’âme, deux petits enfants, il fallait les surveiller. se méfier des vieillards débonnaires. se méfier des ogres.
11:23 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
19 janvier 2008
Agence Vu




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Deux garçons

13:50 Publié dans la prunelle de mes yeux | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Désastre
19/01/2008
Désastre
les astres
se décrochent du plafond
et tombent sur la Terre
ces moments
où je décroche dévisse
de la paroi
de mon être
et deviens
ange de brouillard gaze blanche
dérive
des continents nuageux
absence
ces moments
où
je démissionne
de la vie je rends
mon tablier
placentaire le contrat
est rompu
la poche
de brouillard se disperse entre deux airs
les continents blancs glissent
tectonique azuréenne
surrection d’inconsistance
l’insurrection impossible.
Débandade de nuages
la Pangée utopique
d’une vraie vie
rassemblée
Entre deux airs entre deux eaux
flotte
comme un brochet
amnésique attendant
ne sait plus quoi
j’ai manqué j’ai trahi
juste ma mémoire ou moi ?
moi un puzzle il manque un morceau
une pièce
on ne peut le construire
Je m’ensevelis dans ces bandages
bandelettes d’oubli
une parole de vérité
coulant de ma bouche
comme un filet de sang.13:50 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Le brasier
07/01/2008
La neige tombe doucement sur le sang.
Le sang tombe doucement sur la neige.
La nuit fend les jours comme la blessure d’une lame
Quelque chose
du fond
émerge
Vêtue
entièrement
de désarroi
mes pieds nus laissent
une empreinte invisible
blanc
sur
blanc
invisible
vie
en désarroi
signifie
sans armes désarmée prête à rien sans apprêt
puisque tout
est déjà
accompli
tout est dit
de l’impuissance
de l’ignorancede la lueur d’étoile de l’amour.
Refuser
par simplicité
le geste de masquer
les trous
dans les loqueséviter de soulever en vain la main.
Énergie consumée
à esquiver l’inutile
à la préserver toutepour le brasier.
Le brasier
est notre seul geste
Éclairer
en brûlant
habiter
la blessure de la nuit.
13:45 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
10 novembre 2007
Forges stellaires
10:03 Publié dans la prunelle de mes yeux | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Lame d'au-delà
tu as parlé d’impuretés, d’insuffisamment trempé dans la lame de mon crâne.
depuis fume la lente fusion. Dans le fourreau de chair tout fond et se reconstitue. tout brûle. La matière disparaît dans la lueur.
Échos, tocsin : mon cœur cogne comme une masse sur l’enclume, pulse, sourdement. derrière la lueur.
La lueur est faite de feu et de douleur. l’âme cuit. ma langue cuit.
Tu as parlé et la glace a attaqué mutation. Les raisons ont disparu. Toutes. les bonnes, les mauvaises. les tiennes, les miennes.
Seul évènement : la survenue. L’exhumation d’une veine inouïe, incréée de la mine.
Soufre, safran. je disparais. j’apparais.
Ce n’est pas la raison, ce n’est pas la justice. C’est le choc de deux matières dont l’alchimie incombe aux plus sourdes aux plus hautes aux plus légères aux plus subtiles
pressions. Comme la chair sous la gouge et le maillet je disparais. Comme la chair sous la gouge j’apparais.Qu’importe. je hais la douleur la vieille douleur qui fume mon âme. qu’importe. elle n’échappe pas au bûcher. tous les chemins y passent. bons, mauvais. Ici sous cette porte je suis jugée. La jauge étroite m’écorche et le chemin continue à défiler sous mes pas. Les cribles de glace me traversent. Je n’évite pas la douleur. je ne veux pas non plus. mais tout de moi est debout quand elle me parsème. Seul destin de ma stature, cette lame, plus irréelle.
Lame d’au-delà.
09/11/2007
09:40 Publié dans cendres d'octobre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
09 novembre 2007
La gueuse et la princesse
J’ai oublié la rage parce que je souffre moins. Ma rage je l’habillais d’atours somptueux, comme une mendiante pouilleuse pour en faire une reine. Je trempais le pinceau dans mon sang pour faire du rouge, cymbale de cinabre, orgasme d’empereur. un rouge de Chine profond. Je trempais le pinceau dans la coupe bouillante du soleil, pour sa couronne. Je trempais la plume dans mes larmes les plus pures, coulées des glaciers d’extrême altitude : bleu.
Le vert était le prince des arbres, l’ancêtre renaissant dans la gloire éblouie des premières feuilles. Pour le noir, le plus oublié des cachots de mon cœur.
Et la catin dansait, clinquant des hanches, agitant sa mitraille et ses piécettes, pour tromper un instant la mort, gagner du temps… Rage du renard qui mord le piége d’acier noir, rage du cheval mordant ses flancs sous la douleur.Maintenant je fais le contraire. Je ramasse une princesse dans le ruisseau, je la pare de guenilles car la vraie princesse doit briller par la preuve de sa peau nue, et la mort devant elle doit baisser ses paupières.
La princesse ne danse pas, elle regarde. Elle ne parle pas beaucoup d’ailleurs, elle se tait. Elle attend que tombent les loques, les mots, les défroques, que la langue se rebrousse les couleurs rétrogradent réintègrent le prisme reconstituent la première lumière le premier univers le commencement la seconde qui précède le commencement le battement de cœur où la pensée s’ouvre comme une fleur le flash
« enfin »
04/11/2007
21:36 Publié dans cendres d'octobre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
04 novembre 2007
Un mot rond comme un caillou
Cesser
de consentir
quand c’est fait
Reprendre le ressac
nerveux
de la révolte.
De même, quand la révolte s’éternise
se perd en débattre pathétiques
Consentir gravement
désespérément, avec pureté.
Pour l’heure
refus
de la falaise
qui s’obstine contre mes eaux
refus
de leur retombées mousseuses
refus
de l’oubli des langues
serpentines des langues cramoisies
refusde l’atmosphère tachée de fièvre qui se délite.
Je hurle
contre la pierre
qui repousse mes eaux cambrées,
l’outremer chevauchant des dangers salins,
comme la grève, battue comme plâtre, hurle
à l’encontre de l’assaut des vagues
qui la soumettent et se retirent.
Non
est un mot rond
comme un caillou
qui tient bien
en bouche.
Il sied parfois
d’en tenter le mors.01/11/2007
23:00 Publié dans cendres d'octobre | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
01 novembre 2007
Depuis le Joujou rouge encore
10:30 Publié dans la prunelle de mes yeux | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Le silence des paupières
J’aurais pu dire
aux étoiles fugitives
de se fermer
j’aurais pu
dire aux paupières
Chut
taisez vos regards,
embrassez le sommeil
comme deux jeunes sœurs dans ces tableaux trop romantiques
J’aurais pu dire à tout ce sang
à tous ces ors
Taisez-vous
Maintenant
assez de cris
assez de corps
à corps et à cris
cessez
de réclamer
(ainsi clament les trompettes du jugement
sans discontinuer
au dernier seul closent
les yeux)
Le jugement dernier je l’attends sans baisser les yeux.
Dans la nuit fraîche je bois le silence.
Pour garder la douceur des calices.
28/10/07
10:17 Publié dans cendres d'octobre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
31 octobre 2007
Glanés au Joujou Rouge
21:33 Publié dans la prunelle de mes yeux | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Je saisis le prétexte de ta chair absente
Je saisis le prétexte de ta chair absente
de tout de toi
absent pour mordre au sang
mon adresse
Je dis
Je dis pour remplacer
contredire le tempsj
e dis pour ressusciter les morts
je dis
l’absence
pour contrer.
Je n’ai que ma bouche
presque vide
pour prendre le choc
de la lame
dont le tranchant
effaça mon corps entier.
Là où j’étais : tranchant,
moins que l’air
Je n’ai que ma bouche
pour marquer les lèvres
d’une blessure.L’écho lucide des larmes pour invoquer les substances abolies.
Le sabre qui s’abat
Je veux le prendre contre mes dents
Habitant ma disparition
Il peut y avoir du répondantIl peut y avoir plus que le vide
La présence.
Archéologue de ma propre vie, de mes propres restes,
dépoussiéreuse de débris
hante,
fantôme d’un local désert.
Le goût des poussières dans la bouche.
La salive du sable.Être indocile est ma seule liberté.
Je voudrais retrouver
le geste
réinventer l’étincelle
de toute cette musique, trouver silex assez intense
pour choquer cœur à cœur,Enfanter l’enfançon du feu.
Si peu de choses
sont peut-être possibles : Deux mains,
deux points qui ne rompent pas
et le souvenir évadé de tous les temps,
le fuyard éternelde la volonté du feu.
27/10/2007
21:01 Publié dans cendres d'octobre | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
30 octobre 2007
Effexor 21
C’est pas poétique, dormir
(même si les musiciens baroques tombaient facilement dans les bras de Morphée).
Le sommeil des autres fait rêver mais le mien quelle poisse
La somnolence qui m’assassine
à chaque numéro du mois
y compris celui
de l’assassin
21 ça lui va bien, à
Effexor®
Oui. Effexor® habite au 21 et me foudroie mollement à chaque fois que je m’allonge


















